📚 MATH-H-1004 : Éléments d'Analyse - Chapitre 1 : Le Champ Ordonné des Réels
Sources utilisées : Texte PDF/PowerPoint du cours et transcription audio de la conférence.
🎯 Introduction au Cours et Objectifs
Ce cours, MATH-H-1004, est conçu pour poser les bases de l'analyse mathématique, essentielles pour les études d'ingénieur.
Objectifs du Cours ✅
- Développer les outils mathématiques prérequis pour les disciplines de l'ingénieur.
- Apprendre la rigueur mathématique à travers la pratique de la démonstration (par l'absurde, par récurrence, etc.) et l'utilisation de contre-exemples.
- Comprendre l'utilité et l'importance des hypothèses dans tout raisonnement mathématique.
Évaluation 📊
- 75% Théorie : Reproduction et adaptation des démonstrations vues en cours.
- 25% Exercices : Niveau similaire à celui des Travaux Pratiques (TPs).
Philosophie du Cours 💡
Les mathématiques ne s'étudient pas, elles se pratiquent ! L'engagement actif est la clé de la maîtrise.
🔢 Les Nombres : Des Fondamentaux aux Irrationnels
Nous commençons par explorer les différentes catégories de nombres qui constituent le fondement de l'analyse.
Classification des Ensembles de Nombres 🌍
- Nombres Binaires : L'ensemble le plus simple, contenant uniquement
{0, 1}. - Ensembles Finis : Des collections d'éléments spécifiques, par exemple
A = {0, 2, 5, 9}. - Nombres Naturels (ℕ) :
{0, 1, 2, 3, 4, ...}.- Ils sont en correspondance bijective avec les nombres binaires.
- Leur cardinalité est infinie :
|ℕ| = ℵ₀(aleph-zéro). - Exemple de conversion binaire :
13 = 1·2³ + 1·2² + 0·2¹ + 1·2⁰ = 1101₂.
- Nombres Entiers (ℤ) :
{..., -2, -1, 0, 1, 2, ...}.- Incluent les naturels et leurs opposés.
- Leur cardinalité est égale à celle des naturels :
|ℤ| = |ℕ|.
- Nombres Rationnels (ℚ) :
{m/n | m ∈ ℤ, n ∈ ℤ⁺₀}.- Peuvent être exprimés comme une fraction de deux entiers (avec le dénominateur non nul).
- Leur cardinalité est égale à celle des entiers et des naturels :
|ℚ| = |ℤ| = |ℕ|.
Le Nombre d'Or (Φ) 🌟
Le nombre d'or, noté Φ (Phi), est une constante mathématique célèbre.
- Définition :
Φ = (1 + √5) / 2 - Valeur approximative :
Φ ≈ 1,6180339... - Propriété :
Φest solution de l'équationΦ² - Φ - 1 = 0.
Démonstration 1 : Φ n'est pas un nombre rationnel (Φ ∉ ℚ) ⚠️
Cette démonstration utilise la méthode par l'absurde.
- Hypothèse par l'absurde : Supposons que
Φest un nombre rationnel.- Si
Φ ∈ ℚ, alorsΦpeut s'écrire sous la formep/q, oùpetqsont des entiers,q ≠ 0, etPGCD(p, q) = 1(c'est-à-direpetqsont premiers entre eux).
- Si
- Substitution dans l'équation : Puisque
Φest solution deΦ² - Φ - 1 = 0, nous substituonsp/q:(p/q)² - (p/q) - 1 = 0p²/q² - p/q - 1 = 0- Multiplions toute l'équation par
q²pour éliminer les dénominateurs :p² - pq - q² = 0
- Analyse de l'équation résultante :
- Réarrangeons l'équation :
p² = pq + q² - Factorisons
qdu côté droit :p² = q(p + q) - Cette égalité implique que
qdivisep².
- Réarrangeons l'équation :
- Utilisation de la propriété des nombres premiers entre eux :
- Puisque
petqsont premiers entre eux, siqdivisep², alorsqdoit être égal à1. (Siqavait un facteur premier, ce facteur devrait aussi diviserp, contredisantPGCD(p,q)=1).
- Puisque
- Conséquence de q = 1 :
- Si
q = 1, l'équationp² - pq - q² = 0devientp² - p(1) - 1² = 0, soitp² - p - 1 = 0. - Réarrangeons :
p(p - 1) = 1.
- Si
- Contradiction :
- Pour que le produit de deux entiers
pet(p - 1)soit égal à1, il faut quep = 1etp - 1 = 1(ce qui est impossible car1 - 1 = 0 ≠ 1), oup = -1etp - 1 = -1(ce qui est impossible car-1 - 1 = -2 ≠ -1). - Il n'existe donc pas d'entier
psatisfaisantp(p - 1) = 1.
- Pour que le produit de deux entiers
- Conclusion : Notre hypothèse initiale que
Φest rationnel conduit à une contradiction. Par conséquent,Φn'est pas un nombre rationnel ; il est irrationnel. ✅
Le Cas de √2 🌿
Un autre exemple fondamental de nombre irrationnel est la racine carrée de 2.
Démonstration 2 : √2 n'est pas un nombre rationnel (√2 ∉ ℚ) ⚠️
Cette démonstration utilise également la méthode par l'absurde.
- Hypothèse par l'absurde : Supposons que
√2est un nombre rationnel.- Si
√2 ∈ ℚ, alors√2peut s'écrire sous la formep/q, oùpetqsont des entiers,q ≠ 0, etPGCD(p, q) = 1(c'est-à-direpetqsont premiers entre eux).
- Si
- Élévation au carré :
√2 = p/q(√2)² = (p/q)²2 = p²/q²2q² = p²
- Analyse de la parité de p :
- L'équation
2q² = p²signifie quep²est un nombre pair. - Si
p²est pair, alorspdoit être pair. (Sipétait impair,p²serait impair).
- L'équation
- Substitution de p :
- Puisque
pest pair, nous pouvons écrirep = 2rpour un certain entierr. - Substituons
p = 2rdans2q² = p²:2q² = (2r)² 2q² = 4r²- Divisons par 2 :
q² = 2r²
- Puisque
- Analyse de la parité de q :
- L'équation
q² = 2r²signifie queq²est un nombre pair. - Si
q²est pair, alorsqdoit être pair.
- L'équation
- Contradiction :
- Nous avons montré que
pest pair etqest pair. - Ceci contredit notre hypothèse initiale que
petqsont premiers entre eux (car s'ils sont tous deux pairs, ils ont un facteur commun de 2).
- Nous avons montré que
- Conclusion : Notre hypothèse initiale que
√2est rationnel conduit à une contradiction. Par conséquent,√2n'est pas un nombre rationnel ; il est irrationnel. ✅
Exercice : Démontrer que √3 n'est pas un nombre rationnel 💡
(La méthode est similaire à celle utilisée pour √2).
Les Nombres Irrationnels 📚
- Conclusion : Des nombres comme
√2etΦappartiennent àℝ \ ℚ(l'ensemble des réels moins les rationnels). - Exemples :
√13,π(pi),e(constante de Neper), etc.
Le Théorème de Fermat 📜
- Énoncé : Il n'existe pas de nombres entiers strictement positifs
x, y, ztels quexⁿ + yⁿ = zⁿdès quen > 2.- Pour
n = 1:2¹ + 3¹ = 5¹(vrai) - Pour
n = 2:3² + 4² = 5²(vrai, triplet pythagoricien)
- Pour
- Historique : Proposé par Fermat au 17e siècle, démontré par Andrew Wiles en 1994.
- Corollaire : Il n'existe pas de nombres rationnels
a, btels queaⁿ + bⁿ = 1pourn > 2.
La Taille de ℝ par rapport à ℚ 📈
- Question : Quelle est la cardinalité de
ℝ? Est-ce que|ℝ| > |ℚ|? - Réponse : Oui, la cardinalité des réels est strictement supérieure à celle des rationnels.
- Méthode : L'argument de la diagonale de Cantor, appliqué par exemple à l'intervalle
[0, 1[, démontre queℝest "plus grand" queℚ.
🧮 Les Réels : Corps Commutatif et Complétude
Nous abordons maintenant la structure formelle des nombres réels, en commençant par les axiomes qui les définissent.
Rappel : Corps Commutatif 📚
Un corps commutatif est un ensemble K muni de deux opérations, l'addition (+) et la multiplication (·), qui satisfont les axiomes suivants :
(A) Axiomes de l'Addition (+)
- Fermeture (A.1) : Si
x ∈ Kety ∈ K, alorsx + y ∈ K. - Commutativité (A.2) :
x + y = y + x, pour toutx, y ∈ K. - Associativité (A.3) :
(x + y) + z = x + (y + z), pour toutx, y, z ∈ K. - Élément Neutre (A.4) :
Kcontient un élément0tel que0 + x = xpour toutx ∈ K. - Opposé (A.5) : Pour tout
x ∈ K, il existe un élément(-x) ∈ Ktel quex + (-x) = 0.
(M) Axiomes de la Multiplication (·)
- Fermeture (M.1) : Si
x ∈ Kety ∈ K, alorsx · y ∈ K. - Commutativité (M.2) :
x · y = y · x, pour toutx, y ∈ K. - Associativité (M.3) :
(x · y) · z = x · (y · z), pour toutx, y, z ∈ K. - Élément Neutre (M.4) :
Kcontient un élément1 ≠ 0tel que1 · x = xpour toutx ∈ K. - Inverse (M.5) : Pour tout
x ∈ Ktel quex ≠ 0, il existe un élément(1/x) ∈ Ktel quex · (1/x) = 1.
(D) Axiome de Distributivité
x · (y + z) = x · y + x · z, pour toutx, y, z ∈ K.
Le Champ Ordonné des Réels (ℝ) 📏
L'ensemble ℝ, muni de l'addition et de la multiplication, est un champ ordonné. Cela signifie qu'il est également muni d'une relation d'ordre total ≤, compatible avec les opérations.
Propriétés de la Relation d'Ordre ≤
Pour tout x, y, z ∈ ℝ :
- Si
x ≤ y, alorsx + z ≤ y + z. - Si
0 ≤ xet0 ≤ y, alors0 ≤ x · y.
Conséquences Importantes
x ≤ 0 ⇔ -x ≥ 0- Si
x ≤ yet0 ≤ z, alorsx · z ≤ y · z. - Si
x ≤ yet0 ≥ z, alorsx · z ≥ y · z.
Ensembles Convexes (Intervalles) ↔️
La relation d'ordre permet de définir les intervalles, qui sont des sous-ensembles connexes de ℝ.
- Droite Réelle :
ℝ = ]-∞, +∞[(où+∞et-∞ne sont pas des réels). - Intervalle Fermé :
[a, b] = {x ∈ ℝ; a ≤ x ≤ b} - Intervalle Ouvert :
]a, b[ = {x ∈ ℝ; a < x < b} - Demi-droite Fermée :
[a, +∞[ = {x ∈ ℝ; a ≤ x} - Demi-droite Ouverte :
]a, +∞[ = {x ∈ ℝ; a < x} - Connexité : Un ensemble
C ⊆ ℝest connexe si pour touta, b ∈ Caveca < b, alors toutctel quea < c < bappartient aussi àC. Les intervalles sont des ensembles connexes.
Majorants, Minorants et Ensembles Bornés 📈📉
Ces concepts sont cruciaux pour comprendre la structure des réels.
-
Majorant :
Mmajore un ensembleAsia ≤ Mpour touta ∈ A. -
Ensemble Borné Supérieurement :
Aest borné supérieurement s'il existe au moins un majorant réelM. -
Maximum : Le maximum de
Aest le plus grand élément deA(s'il existe). Il doit appartenir àA. -
Minorant :
mminore un ensembleAsim ≤ apour touta ∈ A. -
Ensemble Borné Inférieurement :
Aest borné inférieurement s'il existe au moins un minorant réelm. -
Minimum : Le minimum de
Aest le plus petit élément deA(s'il existe). Il doit appartenir àA.
Exemple : A = ]-2, 2]
-
Majorants :
[2, +∞[ -
Minorants :
]-∞, -2] -
Maximum :
2(car2 ∈ Aet2est le plus grand élément). -
Minimum : Aucun (car
-2 ∉ A, et pour toutx ∈ Aproche de-2, on peut trouver uny ∈ Atel quey < x). -
Ensemble Borné : Un ensemble
Aest borné s'il est à la fois borné supérieurement et inférieurement.- Équivalence 1 : Il existe
m, M ∈ ℝtels que pour touta ∈ A,m ≤ a ≤ M. - Équivalence 2 : Il existe
M' ∈ ℝtel que pour touta ∈ A,|a| ≤ M'. - ⚠️ Subtilité des quantificateurs : L'ordre des déclarations est important.
∀a ∈ A, ∃M' ∈ ℝ : |a| ≤ M'n'est pas équivalent aux définitions ci-dessus, carM'pourrait dépendre dea.
- Équivalence 1 : Il existe
Ensemble Complet (Axiome de Dedekind) 📚
La complétude est une propriété fondamentale qui distingue ℝ de ℚ.
-
Axiome de Dedekind : Pour tous sous-ensembles non vides
A ⊆ ℝetB ⊆ ℝtels que pour touta ∈ Aet toutb ∈ B, on aa ≤ b, alors il existe au moins un réelctel que pour touta ∈ Aet toutb ∈ B,a ≤ c ≤ b. Cec"sépare" les deux ensembles. -
Non-complétude de ℚ : L'ensemble des rationnels
ℚne satisfait pas l'axiome de Dedekind.- Contre-exemple : Soient
A = {q ∈ ℚ; q < √2}etB = {q ∈ ℚ; q > √2}. - Pour tout
a ∈ Aetb ∈ B, on aa ≤ b. - Cependant, il n'existe aucun
c ∈ ℚtel quea ≤ c ≤ bpour tousa ∈ Aetb ∈ B. Le "trou" entreAetBest√2, qui n'est pas rationnel.
- Contre-exemple : Soient
Supremum et Infimum 💡
Ces concepts sont directement liés à la complétude des réels.
- Définitions :
- Le supremum (sup A) est le plus petit des majorants de A.
- L'infimum (inf A) est le plus grand des minorants de A.
- Distinction avec max/min : Le supremum/infimum existe même si l'ensemble n'a pas de maximum/minimum (c'est-à-dire si le sup/inf n'appartient pas à l'ensemble).
Proposition : Existence du Supremum ⚠️
Si un ensemble A est borné supérieurement, alors sup A existe dans ℝ. Autrement dit, si A possède un majorant réel, alors A possède un plus petit majorant réel.
Démonstration 3 : Existence du Supremum (par l'axiome de Dedekind) ⚠️
- Hypothèses :
- Soit
Aun sous-ensemble non vide deℝ. Aest borné supérieurement. Cela signifie qu'il existe au moins un majorant pourA.
- Soit
- Construction de l'ensemble des majorants :
- Soit
Bl'ensemble de tous les majorants deA. PuisqueAest borné supérieurement,Best non vide.
- Soit
- Application de l'axiome de Dedekind :
- Par définition de
B, pour touta ∈ Aet toutb ∈ B, on aa ≤ b. - L'axiome de Dedekind stipule qu'il existe un réel
ctel que pour touta ∈ Aet toutb ∈ B,a ≤ c ≤ b.
- Par définition de
- Interprétation de c :
a ≤ cpour touta ∈ A: Cela signifie quecest un majorant deA. Doncc ∈ B.c ≤ bpour toutb ∈ B: Cela signifie quecest inférieur ou égal à tous les majorants deA.
- Conclusion :
cest un majorant deAet est le plus petit de tous les majorants deA. Par définition,c = sup A. Ainsi, le supremum deAexiste dansℝ. ✅
- N.B. : Cette propriété est fausse dans
ℚ. L'ensemble{q ∈ ℚ⁺ | q² < 2}est borné supérieurement dansℚ(par exemple par 2), mais n'a pas de supremum dansℚ(son supremum est√2, qui n'est pas rationnel).
➕ Inégalités et Valeur Absolue
Pour finir, nous examinons les propriétés des inégalités et de la valeur absolue.
Définition de la Valeur Absolue 📚
La valeur absolue d'un nombre réel x, notée |x|, est définie comme suit :
|x| = xsix ≥ 0|x| = -xsix < 0
Inégalité Triangulaire 📐
L'inégalité triangulaire est une propriété fondamentale de la valeur absolue.
- Énoncé : Pour tous
x, y ∈ ℝ, on a|x + y| ≤ |x| + |y|.
Démonstration 4 : Inégalité Triangulaire (par cas) ⚠️
Nous allons prouver cette inégalité en considérant les différents cas possibles pour les signes de x et y.
-
Cas 1 :
x ≥ 0ety ≥ 0- Alors
x + y ≥ 0. |x + y| = x + y|x| = xet|y| = y- Donc,
|x + y| = |x| + |y|. L'inégalité est vérifiée (égalité).
- Alors
-
Cas 2 :
x ≤ 0ety ≤ 0- Alors
x + y ≤ 0. |x + y| = -(x + y) = -x - y|x| = -xet|y| = -y- Donc,
|x + y| = |x| + |y|. L'inégalité est vérifiée (égalité).
- Alors
-
Cas 3 :
x ≥ 0ety < 0(sans perte de généralité, on peut supposer|x| ≥ |y|ou|x| < |y|)- Sous-cas 3a :
x + y ≥ 0|x + y| = x + y- Puisque
y < 0, on ay < |y|. - Donc
x + y < x + |y|. - Et
x = |x|. - Ainsi,
|x + y| < |x| + |y|. L'inégalité est vérifiée.
- Sous-cas 3b :
x + y < 0|x + y| = -(x + y) = -x - y- Puisque
x ≥ 0, on a-x ≤ |x|. - Puisque
y < 0, on a-y = |y|. - Donc
-x - y ≤ |x| + |y|. L'inégalité est vérifiée.
- Sous-cas 3a :
-
Cas 4 :
x < 0ety ≥ 0- Ce cas est symétrique au Cas 3 (en échangeant
xety) et aboutit à la même conclusion.
- Ce cas est symétrique au Cas 3 (en échangeant
Dans tous les cas, l'inégalité |x + y| ≤ |x| + |y| est vérifiée. ✅
Exercices sur les Inégalités 📝
-
Montrer que
|x| - |y| ≤ |x - y|- Indice : Utiliser un artifice de calcul. Écrire
x = (x - y) + y. - Appliquer l'inégalité triangulaire à
|x| = |(x - y) + y|. |x| ≤ |x - y| + |y|.- En réarrangeant, on obtient
|x| - |y| ≤ |x - y|.
- Indice : Utiliser un artifice de calcul. Écrire
-
Montrer que
||x| - |y|| ≤ |x| + |y|- Cette inégalité est une conséquence des propriétés de la valeur absolue.
- On sait que
|x| - |y| ≤ |x - y|. - On sait aussi que
|y| - |x| ≤ |y - x| = |-(x - y)| = |x - y|. - Donc
-(|x - y|) ≤ |x| - |y| ≤ |x - y|. - Ceci implique
||x| - |y|| ≤ |x - y|. - Puisque
|x - y| ≤ |x| + |-y| = |x| + |y|(par l'inégalité triangulaire), - Alors
||x| - |y|| ≤ |x| + |y|.
Propriété Généralisée de l'Inégalité Triangulaire 🔢
- Proposition : Pour une somme finie de termes,
|∑ᵢⁿ xᵢ| ≤ ∑ᵢⁿ |xᵢ|.
Démonstration 5 : Inégalité Triangulaire Généralisée (par récurrence) ⚠️
-
Initialisation :
- Pour
n = 1:|x₁| ≤ |x₁|(vrai). - Pour
n = 2:|x₁ + x₂| ≤ |x₁| + |x₂|(c'est l'inégalité triangulaire de base, que nous avons déjà démontrée). La proposition est vraie pourn = 1etn = 2.
- Pour
-
Hypothèse de Récurrence (HR) :
- Supposons que la proposition est vraie pour un certain entier
n ≥ 1. C'est-à-dire,|∑ᵢⁿ xᵢ| ≤ ∑ᵢⁿ |xᵢ|.
- Supposons que la proposition est vraie pour un certain entier
-
Étape de Récurrence :
- Nous voulons prouver que la proposition est vraie pour
n + 1. C'est-à-dire,|∑ᵢⁿ⁺¹ xᵢ| ≤ ∑ᵢⁿ⁺¹ |xᵢ|. - Considérons la somme de
n + 1termes :|∑ᵢⁿ⁺¹ xᵢ| = |(x₁ + x₂ + ... + xₙ) + xₙ₊₁| - Appliquons l'inégalité triangulaire de base (
|a + b| ≤ |a| + |b|) en posanta = (x₁ + ... + xₙ)etb = xₙ₊₁:|(x₁ + ... + xₙ) + xₙ₊₁| ≤ |x₁ + ... + xₙ| + |xₙ₊₁| - Maintenant, appliquons l'Hypothèse de Récurrence à la somme des
npremiers termes :|x₁ + ... + xₙ| ≤ |x₁| + ... + |xₙ| - En combinant ces deux étapes, nous obtenons :
|∑ᵢⁿ⁺¹ xᵢ| ≤ (|x₁| + ... + |xₙ|) + |xₙ₊₁||∑ᵢⁿ⁺¹ xᵢ| ≤ ∑ᵢⁿ⁺¹ |xᵢ|
- Nous voulons prouver que la proposition est vraie pour
-
Conclusion : Par le principe d'induction mathématique, la proposition est vraie pour tout
n ≥ 1. ✅








